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Chanvre et santé

Comme de nombreuses autres plantes, le chanvre (cannabis sativa L) est utilisé depuis des millénaires pour ses vertus médicinales (voir historique médical).  A partir de 1970, la phytothérapie n'est plus enseignée dans les facultés françaises et les molécules isolées, synthétisées chimiquement, prennent le pas sur les extractions de plantes avec plusieurs principes actifs. Les conventions internationales sur les stupéfiants de 1961 et sur les substances psychotropes de 1972 offrent le monopole des drogues naturelles et chimiques à l'industrie pharmaceutique. Cette dernière copie généralement les principes actifs des plantes pour nous fournir des drogues avec un rapport bénéfice risque supposé favorable, que nous appelons médicament.

Pourtant, de nombreuses drogues phramaceutiques mises sur le marché ne disposent pas d'un rapport bénéfices-risque favorable, comme le dénonce régulièrement la revue Prescrire. Parralèlement, les cannabinoïdes disposent d'une grande sécurité d'emploi, entrainent peu d'effets secondaires (THC exclu), et peuvent apporter de bénéfices largement supérieurs aux thérapeutiques disponibles dans certaines pathologies graves, invalidantes ou orphelines. Ces résultats sont rapportés par de nombreux patients, mais aussi par des études cliniques: le cannabidiol (CBD), par exemple serait actuellement le meilleur traitement disponible dans la fibromyalgie ou le syndrome de Dravet (épilepsie congénitale sévère).  Dans ce dernier cas, des enfants condamnés à un pronostic sombre peuvent retrouver santé, autonomie et bien être, alors que les thérapeutiques habituellement utilisées sont délètères et peu efficaces (valproate+topiramate+ clobazam).

Il est urgent de s'affranchir des contre-verité scientifiques et des dogmes moralistes visant à diaboliser cette plante, jusqu'à la rendre responsable d'un fléau. Les recherches scientifiques sur le sytème endocannabinoide mettent davantage en exergue les bénéfices des phytocannabinoides pour la santé publique que leurs dommages. La principale toxicité afférente à l'usage de chanvre ne réside pas dans ses principes actifs mais dans le mode d'administration utilisé.

Or il est possible de consommer le chanvre de bien d'autres manière qu'en le fumant. La réduction des risques pour le cannabis, promue dans le cadre de la nouvelle loi Santé, n'est pas une fiction: tout usager devrait être encouragé à consommer à moindre risque, encore faut il savoir qui  consomme.