BULLETIN ENCOD PLANIFIANT LA RÉVOLUTION VERTE

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L’Assemblée Générale des Membres d’Encod a été célébrée du 21 au 23 juin à Berméo dans le pays basque espagnol. L’Assemblée s’est déroulée en présence d’une trentaine d’activistes de 10 pays différents, tous partie prenante de la lutte pour la défense des droits des consommateurs et producteurs, et pour le renforcement de politiques des drogues qui bénéficient à la société dans son ensemble.

Berméo

Comme lieu d’accueil on ne pouvait pas trouver mieux. Berméo est une petite ville de la côte basque, dont le maintien de l’ordre n’est assuré la nuit que par trois policiers. Urjogabardea, le Club Social du Cannabis local, a pu organiser l’Assemblée dans un bâtiment public du centre-ville en totale collaboration avec les autorités locales.

Le temps aussi a joué en notre faveur. Le 23 juin, le jour qui a suivi la nuit la plus courte de l’année, la tradition veut qu’à Berméo on brûle les sorcières, les mauvais esprits qui subsistent du passé. Les gens croient que cela leur permettra de commencer une nouvelle année avec des forces nouvelles. Nous avons suivi ce conseil et nous avons développé beaucoup d’idées et de plans d’action concrets à mettre en oeuvre à partir du mois de juillet.

1° Parlement EUROPÉEN

En premier lieu nous mettrons l’accent sur les élections au Parlement Européen qui auront lieu en mai 2014. Devant l’échec de la Commission Européenne de créer un authentique espace de dialogue avec la société civile sur les politiques des drogues, nous dirigerons nos efforts vers ceux qui représentent réellement la société civile à Bruxelles. En fin d’année, nous avons prévu d’organiser une réunion au Parlement Européen pour défendre des politiques des drogues basées sur la santé publique, les droits humains et la transparence. Ensuite nous ferons un inventaire des opinions des candidats à ces élections sur les actuelles politiques des drogues et les alternatives éventuelles. Nous mobiliserons les gens pour qu’ils votent en fonction des résultats obtenus. Le site web d’Encod subira une chirurgie esthétique lors des prochains mois, ainsi il pourra servir d’outil pour la campagne.

2° VIENNE

Dans un deuxième temps, nous concentrerons notre énergie sur Vienne. Il est fort probable qu’en 2016, quand les Nations Unies organiseront une session spéciale de l’Assemblée Générale sur le thème des drogues, il pourrait y avoir une révision profonde du cours actuel des politiques des drogues, ce qui pourrait permettre une interprétation plus souple des conventions internationales. Même si Encod ne faisait rien, la guerre contre les drogues arrivera à sa fin. Mais si nous voulons être sûrs que les politiques adoptées a posteriori prendront en compte les intérêts des consommateurs et des producteurs à petite échelle, nous ne pouvons nous offrir le luxe de cesser l’action.

Lors des prochains mois une équipe de personnes conduite par des membres d’Encod basés à Vienne travaillera durement pour convaincre des sponsors qui soutiendraient une manifestation à Vienne pendant la CND de mars 2014. Cela peut être une manifestation de masse ou une action silencieuse en face de l’édifice des Nations Unies. Quoi qu’il en soit, la prochaine Assemblée Générale d’Encod aura lieu à Vienne le week-end précédent la CND.

3° CANNABIS SOCIAL CLUB

Une statue dans le village de Bermeo, à deux pas du lieu de l'AG.

Une statue dans le village de Bermeo, à deux pas du lieu de l’AG.

Troisièmement, nous continuerons à promouvoir le Club Social du Cannabis comme modèle d’organisation du marché du cannabis en Europe. La bonne nouvelle c’est que dans plusieurs pays, l’existence de CSC en Belgique et en Espagne inspire beaucoup de gens. Dès lors que le fait de cultiver au moins une plante n’est plus considéré comme un délit, la logique impose que le climat politique soit propice à l’ouverture d’un Club Social du Cannabis, avec tous les avantages que cela implique.

En France le mouvement CSC doit prendre une décision : soit il affronte la tempête, soit il reste caché jusqu’à ce qu’il y aient suffisamment de clubs un peu partout. La France a les lois parmi les plus strictes concernant le cannabis en Europe et après une pression très forte du gouvernement, cinq clubs ont été dissous le 20 juin 2013. Il reste la deuxième option : passer à la clandestinité.

En Slovénie, un changement de loi a permis la création de CSC. Cependant, les clubs sont obligés de fonctionner sous la supervision du ministère de la santé. Actuellement les clubs souhaitent continuer à être indépendants.

L’Allemagne a la population la plus importante d’Europe et ce serait faire un grand pas pour le mouvement si l’on y mettait en place des CSC. Des différences culturelles entrent en jeu, parce que dans la société allemande on tolère des zones grises dans la loi (contrairement à l’Espagne, la Hollande et la Belgique). Il y a beaucoup de producteurs clandestins dans le pays mais il est peu probable qu’ils sortent à la lumière. La façon la mieux adaptée pour avancer serait que les gens fassent tourner des pétitions et fassent pression sur leurs partis politiques. Récemment, un consommateur à usage médicinal est passé au tribunal et est ainsi devenu la première personne qu’on laisse cultiver son cannabis chez lui. À une condition cependant : il doit assurer sa maison pour 14 000 euros. L’évolution en Allemagne est lente mais complète. Cela signifie que les lois qui permettront aux CSC de fonctionner seront très claires et offriront, sans doute, un cadre solide que d’autres pays pourraient suivre.

Au Royaume-Uni, beaucoup de groupes se présentent comme Clubs Sociaux du Cannabis. Il en existe environ 80 dans tout le pays (selon facebook). La police dit que le cannabis est presque dépénalisé, mais « presque » n’est pas suffisant pour convaincre les gens d’affronter la tempête avec les clubs du cannabis. Le gouvernement prévoit la répression pour ces organisations. Laissant le marché aux organisations criminelles.

L’Italie est obscure pour le consommateur de cannabis. Les politiciens italiens ont mis en place des lois parmi les plus dures en Europe et ses prisons sont surpeuplées. On peut aller en prison pour des quantités supérieures à 5 grammes, même si c’est pour usage personnel. Dans ce climat il est impossible d’ouvrir un club social du cannabis, bien que les efforts pour en créer un à usage médical soient développés.

En Autriche il est permis de cultiver pour son usage personnel. Cela ouvre la porte au Club du Cannabis. Le parti politique le plus important veut dépénaliser le cannabis. Les activistes travaillent avec des avocats pour la collaboration avec les autorités locales pour obtenir l’ouverture des CSC et éviter que les responsables soient poursuivis.

En Hollande, le conseil municipal d’Utrecht applaudit l’idée des Clubs Sociaux du Cannabis, à tel point qu’il a annoncé la création d’un club prochainement. On veut s’assurer que les fondateurs de ce club ne finissent pas en prison, compte tenu que la culture du cannabis est encore illégale aux Pays-Bas.

Entre-temps, en Belgique et en Espagne, les Clubs Sociaux du Cannabis fleurissent, ainsi que d’autres initiatives qui utilisent cette marge légale. Lors de l’Assemblée nous avons discuter de la possibilité pour Encod de devenir une Fédération Européenne des CSC, mais l’idée fut rapidement écartée. Nous ne pouvons et ne voulons pas prendre le rôle de juge sur ce sujet. Nous souhaitons la bienvenue à toutes les initiatives qui désirent prendre en charge le cannabis depuis les producteurs jusqu’aux consommateurs de manière saine, sûre et transparente mais nous favorisons particulièrement le concept des Clubs Sociaux du Cannabis dont nous avons défini plus concrètement une nouvelle série de principes. Nous nous efforcerons, entre autre, à réunir des avocats européens intéressés dans l’élaboration d’une stratégie de réussite pour la défense du concept de CSC dans chaque pays.

4° ÉLECTION DU nouveau COMITÉ ÉXECUTIF

Pour conclure, l’Assemblée Générale a élu un nouveau Comité Exécutif.

Pour les deux prochaines années le CE sera composé de

  • David Rosse (Autriche)
  • Derrick Bergman (Pays-Bas)
  • Has Cornelissen (Pays-Bas)
  • Enrico Fletzer (Italie)
  • Janko Belin (Slovénie)

Désormais la présidence du CE se fera par rotation tous les 6 mois. Derrick Bergman sera le premier à en assurer la charge.

Le CE sera soutenu par un circuit interne de membres d’Encod (nous espérons qu’il y aura au moins un membre par pays), qui participera activement à un des espaces de travail d’Encod. Prochainement, le CE proposera une stratégie pour la participation du circuit interne et de tous les autres membres au plan d’action de cette année. À suivre…

Par Joep Oomen (avec l’aide de Bill Griffin et Peter Webster)

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